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Kigurumi, c'est quoi ? Origine, sens du mot et usages de la combinaison pyjama animal

Un mot japonais, une peluche que l'on enfile, et une histoire qui commence par un costume de cinéma. Voici d'où vient le kigurumi, ce que le mot veut dire et quand on le porte.
Personne de dos sur un canapé en lin, vêtue d'un kigurumi dinosaure rose capuche relevée, une tasse fumante sur l'accoudoir

Un kigurumi est une combinaison pyjama d'une seule pièce, ample et douce, dont la capuche dessine la tête d'un animal. Le mot arrive souvent sans prévenir : un ado l'écrit sur sa liste de Noël, un ami lance « tu veux un kigurumi ? », et l'on n'ose pas demander « kigurumi, c'est quoi, au juste ? » : pyjama, déguisement ou vêtement japonais ? La réponse est un peu des trois, et elle a une histoire. Mais d'abord l'objet : le premier soir, vous remontez la capuche, les oreilles retombent de chaque côté de votre visage, et le canapé devient une tanière.

Un kigurumi est une combinaison pyjama à capuche animale. Le mot vient du japonais kiru (porter, enfiler) et nuigurumi (peluche). Il a d'abord désigné un costume dans lequel on entre, puis un pyjama de maison vers 2000 au Japon, avant de sortir du pays à partir de 2009 et d'arriver chez nous autour du tournant des années 2010.

Que veut dire « kigurumi » ? Une peluche que l'on porte

Le mot associe un verbe et un nom : kiru, qui veut dire « porter » un vêtement, et nuigurumi, la « peluche ». Un kigurumi est donc, au pied de la lettre, une peluche que l'on porte. Cela explique pourquoi il nous parle : c'est une peluche à votre taille, avec le même museau et les mêmes oreilles que celle qui garde l'étagère.

Au Japon, « kigurumi » tout seul ne veut pas dire pyjama. Il désigne un costume, ou une mascotte, dans lequel une personne entre tout entière, dans un parc d'attractions, sur scène ou dans une publicité. Pour parler du pyjama, on précise « kigurumi pajama ». En français, nous avons gardé le mot et perdu le complément, d'où la confusion avec le déguisement.

Kigurumi girafe plié sur un fauteuil en laine bouclée, avec la peluche girafe du même motif posée dessus

D'où vient le kigurumi ? Du costume de cinéma au pyjama

L'histoire se lit en trois temps, et elle ne commence pas par un pyjama. Elle est aussi moins solide qu'on le croit : la page japonaise de Wikipédia consacrée au sujet, la plus détaillée de celles que nous avons lues, signale elle-même un manque de sources. Les dates qui suivent sont des repères, pas des certitudes.

Premier temps, le costume. En 1954, un film de monstre japonais popularise la méthode : faute de budget et de temps pour animer des marionnettes, l'équipe fait entrer un acteur dans un costume. Les séries télévisées du même genre reprennent ensuite la technique, et les spectacles, les parcs et les publicités s'en emparent.

Deuxième temps, le mot. Il est plus jeune que la chose : il serait né dans les médias japonais à la fin des années 1980, sans que l'on sache s'il vient des passionnés d'effets spéciaux ou de la télévision. Les professionnels du cinéma lui préfèrent d'ailleurs nuigurumi, la « peluche cousue ». C'est à ce moment que les mascottes se mettent à porter ce nom.

Troisième temps, le pyjama. Vers 2000, sortir dans la rue en pyjama-costume devient une mode dans certains milieux japonais, et le vêtement entre dans les maisons. Il passe ensuite les frontières : la page anglaise sur l'onesie date de 2009 sa diffusion hors du Japon, et il s'installe chez nous autour du tournant des années 2010. Cette dernière partie est la moins documentée des trois.

Les repères de la frise

  • 1954 : le costume dans lequel un acteur entre s'impose au cinéma
  • Fin des années 1980 : le mot kigurumi apparaît dans les médias, origine incertaine
  • Vers 2000 : le pyjama-costume devient une mode au Japon, date à prendre avec prudence
  • 2009 : le vêtement se diffuse hors du Japon

À retenir : le kigurumi a d'abord été un costume, le mot est né à la fin des années 1980, et le pyjama n'est qu'un chapitre récent, vers 2000. Selon les sources, les dates varient de quelques années.

Kigurumi, onesie, combi, grenouillère : qui est qui ?

Les mots se chevauchent parce qu'ils viennent de trois langues et de trois usages. Le tableau les range.

Terme Origine du mot Ce qu'il désigne Capuche animale
Kigurumi (pyjama) Japonais : kiru + nuigurumi Combinaison pyjama ample, portée à la maison Oui
Kigurumi (sens japonais) Le même mot Costume ou mascotte dans lequel on entre Une tête entière
Kigurumi masqué (animegao) Japonais : « visage d'anime » Cosplay avec masque et combinaison intégrale Non, un masque
Onesie Anglais : mot entré dans l'usage courant Combinaison de détente pour adulte ; aux États-Unis, le mot nomme aussi le body de bébé Parfois
Combinaison pyjama, combi pyjama Français Pyjama d'un seul tenant, de la nuque aux chevilles Selon le modèle
Grenouillère Français Pyjama de bébé d'une pièce, avec pieds En général non

Pour s'y retrouver : le onesie est la grande famille des vêtements d'une pièce, et le kigurumi en est le cousin qui a des oreilles. « Combinaison pyjama » reste le nom français le plus courant pour le désigner, et c'est celui que l'on tape quand on cherche à en acheter.

Et le kigurumi masqué du cosplay ?

C'est une autre pratique, née dans les spectacles de dessins animés japonais : un amateur de cosplay y porte une combinaison intégrale et un masque rigide, d'où le nom d'animegao. Elle attire l'attention en Amérique du Nord et en Europe vers 2005. Elle ne partage avec le pyjama que le nom : l'une cherche à transformer celui qui la porte en personnage, l'autre à le mettre à l'aise sur le canapé.

À quoi sert un kigurumi aujourd'hui ?

D'abord à ne plus rien tenir : une seule pièce, un haut qui ne remonte pas dans le dos, une taille que rien ne serre, et la soirée film se passe sans couverture à rattraper. Le dinosaure rose en flanelle fait sourire un adulte dès qu'il l'enfile ; la vache bleue, en flanelle aussi, existe en tailles adultes et enfants, ce qui règle la question des cadeaux à plusieurs.

Quatre amis de dos sur un tapis de salon, en kigurumi unis d'ours brun, de vache tachetée, de renard roux et de dinosaure vert, devant un bol de pop-corn

Il sert aussi à faire la fête. Par-dessus ses vêtements, un kigurumi devient en un instant le déguisement d'une soirée pyjama, d'un carnaval ou d'Halloween, et il se retire aussi vite. Les modèles s'enfilent largement, ce qui laisse la place d'un pull dessous. Quant à la question que tout le monde se pose sans la formuler, le passage aux toilettes : le devant s'ouvre, le haut redescend des épaules, et c'est réglé en quelques secondes.

Chez l'enfant, le kigurumi devient souvent le rituel du soir : on n'enfile plus un pyjama, on enfile sa girafe. Le modèle en flanelle de notre sélection se ferme par un zip sur le devant et sa capuche reste fixe, deux détails qui comptent quand l'enfant veut s'habiller seul. Pour un tout-petit, la règle est plus stricte : rien ne doit pouvoir recouvrir son visage, donc pas de capuche à oreilles dans le lit. La gigoteuse garde la nuit, et le kigurumi se porte éveillé. Vers 2 ans, il peut devenir le pyjama du coucher, à condition de choisir un modèle sans cordon et de rabattre la capuche dans le dos.

Mains d'adulte fermant le zip d'un kigurumi girafe sur un enfant, dans une chambre en chêne clair, avec une peluche girafe sur le lit

Si vous voulez voir ce que cela donne en pratique, nos combinaisons pyjama animaux reprennent les animaux que l'on retrouve en peluche, de l'ours au renard.

À retenir : un kigurumi se porte pour se poser, pour faire la fête par-dessus ses vêtements ou pour offrir ; avec un bébé, il se garde pour les moments d'éveil.

Le kigurumi pour la nuit

Oui pour un adulte, et pour un enfant dès 2 ans environ : un seul vêtement, sans interstice entre le haut et le bas. Les nuits en combinaison ont leur propre article : dormir en kigurumi, on y revient en détail.

Et les autres pyjamas tout doux ?

Un kigurumi se coud le plus souvent en flanelle polyester ou en polaire corail, deux tissus doux au toucher. Si vous préférez un haut et un bas séparés, tout aussi moelleux, le pilou pilou est l'autre grand nom de la douceur, et ce qu'est vraiment la matière pilou pilou mérite un article à part.

Questions fréquentes

Un kigurumi est-il un pyjama ou un déguisement ?

C'est un pyjama par sa coupe et son usage, un déguisement par sa capuche animale. Au Japon, le mot seul désigne même un costume dans lequel on entre, le pyjama se précisant à part. Chez nous, on s'en sert pour dormir au chaud comme pour une soirée à thème.

Comment s'appellent les combinaisons pyjama ?

Le plus souvent « combinaison pyjama », « combi pyjama » ou « pyjama une pièce » en français, et « onesie » en anglais. Avec une capuche animale, on dit « kigurumi ». Pour un bébé, le mot courant est « grenouillère ».

Le kigurumi vient-il vraiment du Japon ?

Oui, le mot comme la mode. Le costume dans lequel on entre y est apparu au cinéma dans les années 1950, le pyjama y est devenu populaire vers 2000. Il a ensuite quitté le Japon à partir de 2009 et gagné l'Europe autour du tournant des années 2010.

Peut-on sortir en kigurumi ?

Au Japon, vers 2000, c'était une mode assumée dans certains milieux. Chez nous, il reste surtout un vêtement d'intérieur, que l'on enfile par-dessus ses vêtements le temps d'une fête ou d'un carnaval.

Retenez cela au prochain « tu veux un kigurumi ? » : derrière ce mot, il y a un costume de scène devenu une peluche que l'on enfile pour lire, regarder un film ou faire rire toute une tablée. L'ado de la liste de Noël ne réclame pas un déguisement, mais un coin de canapé à sa taille.

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